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Tous citoyens du monde.

Par : Hinde Taarji
Jamais l’Europe n’est autant apparue comme une forteresse. Une forteresse « assiégée » aiment à penser certains de ses habitants. Depuis l’entrée en vigueur en 1995 de la libre circulation entre les Etats Schengen, Bruxelles n’a cessé de multiplier les outils pour renforcer ses frontières extérieures. Or le sentiment dominant et sur lequel surfe la mouvance d’extrême-droite, est celui d’un manque de contrôle des flux migratoires. Mais, et là est toute la question, peut-on contenir l’attrait exercé par des pays riches sur des personnes qui vivent dans des contrées déshéritées ou en proie à des conflits majeurs ?

Avec les élections européennes du 25 mai prochain, la question migratoire se réinstalle au cœur de l’actualité du Vieux continent. Une actualité, en vérité, qu’elle ne quitte jamais vraiment, entre les drames en haute mer des migrants clandestins et les prises de positions politiques sur le sujet. A l’approche toutefois de cette nouvelle échéance électorale qui, soit dit en passant, ne passionne pas les foules européennes, les médias se réemploient à disséquer un phénomène dont l’exploitation sert de tremplin à une extrême droite qui, grâce notamment aux inquiétudes qu’il suscite, a le vent en poupe.

Dans la plupart des pays européens aujourd’hui, le sentiment général à l’égard de l’immigration apparait globalement négatif. Il est celui de « l’envahissement », ce terme à connotation xénophobe ayant fini par se banaliser au point de pénétrer le discours de l’Européen moyen. Pourtant, jamais l’Europe n’est autant apparue comme une forteresse. Une forteresse « assiégée » aiment à penser certains de ses habitants. Depuis l’entrée en vigueur en 1995 de la libre circulation entre les Etats Schengen, Bruxelles n’a cessé de multiplier les outils pour renforcer ses frontières extérieures. Or le sentiment qui continue à prédominer et sur lequel surfent les opposants d’extrême-droite, est celui d’un manque de contrôle des flux migratoires. Mais, et là est toute la question, peut-on contenir, et jusqu’à quel point, l’attrait exercé par des pays riches sur des personnes qui vivent dans des contrées déshéritées ou en proie à des conflits majeurs ?

Riche ou pauvre, du nord ou du sud …

Depuis l’aube des temps, les êtres humains se sont déplacés d’un point à l’autre du globe dès lors que les moyens de subsistance les plaçaient en devoir de le faire. Aller là où l’herbe est la plus verte participe d’un élan naturel. Ce sont les frontières fabriquées par les hommes qui, elles, ne participent pas de l’ordre du monde.

Pour diminuer la pression migratoire, multiplier les barrières ne sera jamais qu’un pis aller. Les Etats du nord en font l’expérience constante, les migrants clandestins, chaque fois qu’on leur ferme une route, s’employant à en trouver une autre, le désespoir décuplant l’inventivité. Tout le monde le sait, la seule approche porteuse, celle à même de réduire les flux migratoires en aidant à la fixation des populations sur leur terres d’origine, est la coopération économique. Ce n’est qu’en aidant les pays qui en ont besoin à se développer que le Nord peut réduire la pression migratoire exercée sur lui.

Mais, et c’est là tout le paradoxe, en même temps que l’immigré est présenté comme un « envahisseur », il est nécessaire à ces sociétés vieillissantes. Même si c’est en mode sourdine, nombre d’économistes rappellent que, dans un avenir proche, il faudra à nouveau, comme dans les années 60, rouvrir les vannes de l’immigration, le vieillissement des Européens mettant leurs Etats en demeure de faire appel à la jeunesse du Sud. Par ailleurs, le réchauffement de la planète dont les plus riches, par leur surconsommation et leur surexploitation des ressources naturelles sont en grande partie responsables va amplifier les déplacements de populations. En se faisant encore plus rare dans des zones du monde déjà confrontées à la sécheresse, l’eau, ou plutôt son besoin, va jeter sur les routes un nombre incalculable de personnes. Et être à l’origine de nouveaux conflits appelés à participer aussi de ces déplacements.

Conclusion: que l’on soit riche ou pauvre, du sud ou du nord, nos destins sont liés en tant qu’habitants de la planète Terre. Au lieu d’ériger des frontières et de s’enfermer dans des appartenances réductrices, revendiquons la seule identité qui ait sens, celle de citoyen du monde. Et donnons-nous les moyens, par la coopération et l’échange, de vivre en paix les uns avec les autres.

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