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« Al Halqa » ou l'art de conter au Maroc.

Par : Mouna Lahrach
« Al Halqa » du réalisateur allemand, Thomas Ladenburger, a ouvert ce mercredi à la Villa des arts de Casablanca le Festival des contes traditionnels et authentiques. La projection de ce documentaire consacré à la parole contée sur la place Jamaa El Fna a été suivie d’un débat passionné sur le rôle social et culturel dévolu au conte depuis l’aube de l’humanité.

Le film « Al Halqa » est un documentaire qui traite de la Halqa dans la mythique place de Jamaa El Fna, un patrimoine de la parole contée au Maroc. Aujourd’hui en danger, ce patrimoine, commun à l’humanité, n’est pas transmis.

« Le conte est le lit de l’imaginaire, la sagesse du monde.

Dans les sociétés restées traditionnelles comme dans les sociétés dites modernes, le conte joue un rôle social essentiel. Les veillées ou animations dans les divers lieux de conte ne sont pas seulement un divertissement très apprécié mais servent à la transmission des valeurs culturelles. Elles servent aussi à inculquer les connaissances relatives à l’histoire de leur groupe, de leur ethnie et de leur culture.

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Le conte s’adresse à l’inconscient et pose d’une forme symbolique les problèmes des relations humaines qui préoccupent toutes les sociétés. Pour reprendre la définition de l’ethnologue Jean Roger Rolland «le conte est un grand sage qui est arrivé au bout du chemin. Le conteur est un fou qui prend dans sa folie pour se mettre au service du grand sage. Le conte est un retour aux sources des origines, une conquête d’une identité, d’une histoire, d’une culture, d’une langue et d’une communauté ». En effet, le conte est porteur d’un message qui ne porte aucun tabou. « Le conte est le lit de l’imaginaire, la sagesse du monde, la saveur du savoir, le visiteur de l’âme, la vérité du mensonge, le marché des émotions » a poursuivi, Mr. Roland. Il permet de découvrir que ce n’est pas parce que nous avons une langue que nous avons une parole.

Un conte voyageur, rebelle aux frontières spatiales et temporelles.

Le conte est voyageur  a expliqué le sociologue Lahcen Hira. Certains contes marocains ont voyagés en Europe et au Moyen-Orient avec une forme orale qui change selon la région ou la langue. 

« Al Halqa » est, dans son genre particulier, un autre type de voyage dans la culture marocaine, au cœur du patrimoine et des traditions séculaires. À travers des ambiances et des personnages extraordinaires, le film a transporté les téléspectateurs dans l’univers des contes, et de la magie de cet art ancestral.

Le réalisateur, Thomas Ladenburger, a filmé durant quatre années, la vie d'un conteur de la place Jamaa el Fna, à Marrakech. Ce « hlaiqi » n'est pas un conteur comme un autre : il raconte en plein air, essayant de retenir l'attention et de constituer un cercle d'auditeurs, qui, à la fin, donnent ou non une petite pièce.

Synopsis

Un « hlaiqui » (conteur) du nom d’Abderrahim Al-Azaliah, et son fils Zohair sont les personnages principaux du film. Cela commence avec un conte, et puis, au bout de seulement trois petites minutes, l’on plonge dans l'intimité du conteur, qui apprend son art à Zohair, son fils adolescent - baptisé ainsi parce que, le jour de l'accouchement du sa femme, il racontait l'histoire du roi Zohair... Zohair rêve de devenir un jour acteur, raconter des histoires est un moyen pour lui de s'initier au théâtre. Cependant, il a honte de voir son père tendre la main pour être payé sur la place. Le film va accompagner Zohair dans son apprentissage de conteur auprès de son père, qui lui apprend le métier de Hlaiqui, monde soumis à des règles propres à lui et menacé de disparition.

La « halqa », pratique fascinante, est pourtant mise en péril. D'ailleurs, depuis la fin du film, son héros, Abderrahim El Maqori, ne raconte plus sur la grande place de Marrakech. Elle a trop changé ces dernières années. Trop de bruit, à cause de tous les musiciens, qui auparavant restaient dans leur coin, et envahissent aujourd'hui toute la place. Et pourtant, la halqa a été inscrite au patrimoine immatériel de l'Unesco - on peut voir une vidéo ici. Il fallait que quelqu'un fasse ce film, qui ne semble malheureusement pas intéresser la télévision et les festivals français. C'est bien dommage.

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