Vous êtes ici : Accueil > Dossier > Quand la Musique s’ouvre au brassage des cultures… > Du L’Boulevard au Boultek.
Le contenu de Dimabladna vous satisfait :




Inscrivez-vous à la newsletter pour être tenu au courant de l'actualité de la fondation


Un e-mail de confirmation
vous sera envoyé pour valider votre inscription

AddThis Social Bookmark Button
Envoyer par emailImprimerCréer un PDF

QUAND LA MUSIQUE S’OUVRE AU BRASSAGE DES CULTURES…

Du L’Boulevard au Boultek.

Par : Lamia Berrada-Berca
En 2009, Hicham et Momo, les parrains du festival L’Boulevard ont posé leurs valises au Technopark. Leur objectif : créer un lieu entièrement dédié aux jeunes musiciens marocains. Avec L’Boultech, ces derniers peuvent désormais travailler leur musique au quotidien et professionnaliser leur démarche.

L’Boulevard tout le monde en a aujourd’hui au moins une fois entendu parler. Il semble impossible de parler de la musique au Maroc sans évoquer l’action de ce formidable binôme incarné par Hicham Bahou et Mohamed Mehrari, alias Momo, depuis la 1ère édition lancée en 1999 dans les locaux de la FOL ! Tous les groupes de fusion, ragga, hip-hop, rap…sont issus de ce formidable laboratoire vivant de création qui a investi la scène casablancaise, qui s’est totalement emparée de la ville, en donnant naissance à un mouvement bien plus large que l’on connaît sous le nom de la Nayda…

Il s’en est passé du chemin, depuis ! Est-ce pour cela qu’au Boultek, le lieu lancé par l’infatigable duo pour servir la musique au Maroc, la salle de concert porte pour nom la route 36, en clin d’œil à la route 66 auréolée d’esprit rock et blues, mais installée dans la salle 36 du Technopark ?

musique-01

L’Bouletk, c’est L’Boulevard au Teknopark.

Car c’est au Technopark que Momo et Hicham ont posé leurs valises en 2009 pour se lancer dans le pari ambitieux mais nécessaire de créer un lieu entièrement dédié aux musiciens. La problématique, après 10 ans de concert sur le mode du festival, L’Boulevard l’a cernée de près : les artistes marocains manquent avant tout de lieux pour répéter leur musique au quotidien. C’est sur la base de ce fondement, de ce constat très clair, que L’Boultek est né. Créer des salles de répétition, alors qu’ailleurs, entre Rabat et Casa, les salles d’enregistrement ne manquent pas. Créer des espaces, des lieux de travail au quotidien que les artistes peuvent investir comme ils le souhaitent, selon les besoins du groupe, en réservant leurs horaires de répétition en studio sur la base de 50 dhs/h, et en pouvant répéter de midi à 23 heures, tous les jours de la semaine excepté le lundi. Toute la mise en place technique est de plus gérée par un régisseur, adjoint à cet effet pour faciliter le travail du groupe.

 

Au Boultek, ce n’est pas parce que l’on est artiste que l’on est désinvolte ! Toute la démarche dans laquelle s’inscrivent les projets menés par Hicham et Momo dans ce lieu est imprégnée de cette nécessité : professionnaliser le domaine et le structurer dans sa globalité car la création obéit à une chaîne de production où chaque étape, chaque maillon de la chaîne, répond à un objectif précis. Voilà pourquoi c’est par cette notion essentielle que L’Boultek se définit : le travail en amont, celui qui ne se voit pas, mais qui s’entend en revanche ensuite sur scène et en concert. Jouer, c’est d’abord répéter, dans l’une de ces trois salles. « On n’a même pas attendu que les travaux soient entièrement finis pour ouvrir, dès que le premier studio a été opérationnel, courant 2010, on l’a immédiatement laissé aux artistes tant la demande était réelle. »

Une réussite totale !

Aujourd’hui une trentaine de groupes s’y succèdent chaque semaine. Sans les fonds collectés par L’Boulevard lui-même, sans les dons octroyés par le roi Mohamed VI, sans l’aide du Technopark et de son directeur Omar Balafrej, qui a choisi d’abriter L’Boulevard moyennant un loyer très modique, le lieu n’aurait sans doute jamais existé. L’installation complète des locaux aura au final coûté entre 3 et 4 millions de dirhams. « Aujourd’hui, L’Boulevard c’est L’Boultek, explique avec emphase Hicham. Notre but est de permettre à tous ces artistes et à tous ces groupes, quels qu’ils soient, de pouvoir jouer, travailler, dans le but de produire la synthèse la plus pertinente de leur travail. Notre rôle est de les accompagner pour aller au bout de leur projet. Le rendre viable, et le rendre visible. »

musique-02

En 2012, l’édition de L’Boulevard n’a pu avoir lieu car le lancement du L’Bouletk a mobilisé toutes les énergies. On en oublie que la préparation d’un festival de 4 jours tient à la recherche de financements, autre activité à temps complet. L’Boulevard sera de nouveau au rendez-vous, vraisemblablement en mai 2013, mais en attendant, « L’Boultek, c’est l’antenne du L’Boulevard. Il confirme le fait que notre travail se fait sur le fond, et pas juste sur la forme. »

Outre les séminaires ponctuels proposés par L’Boultek sur leur lettre mensuelle, séminaires entièrement tournés vers les problématiques du domaine musical, comme le séminaire web sur la gestion de l’industrie musicale, initié en partenariat avec le Bristih Council, la structure est devenue maître de cérémonie d’un beau projet de formation né l’an passé. C’est en 2012 en effet que, dans le cadre de la Saison France-Maroc, l’Institut français propose de financer un projet de formation entièrement conçu par L’Boultek. Creusant le sillon de leur rôle inné de mentor musical, disposant d’une vraie expertise dans ce domaine, et d’un vrai savoir-faire pour rassembler toutes les ressources et les compétences dans le domaine, ils initient deux sessions de formation l’année passée : une dizaine de groupes issus de toutes les régions du Maroc ont ainsi pu bénéficier de différents modules de formation, en étant totalement pris en charge.

 

Un laboratoire ouvert, et exigent.

Les ateliers proposés couvrent tous les champs de la pratique musicale et se focalisent sur les besoins concrets des artistes en matière de scénographie notamment. A l’atelier technique de transmettre le savoir concernant l’élaboration de la fiche technique concernant la préparation d’un « live «  ou celui du plan de scène. A l’atelier de pré-production, les conseils concernant la préparation de la maquette que les artistes peuvent enregistrer tout seul, correspondant en quelque sorte à un « book » sonore. D’autres modules ont été créés pour sensibiliser les artistes aux procédures des contrats avec les labels internationaux, ou à la communication autour de l’image du groupe.

musique-03
Ces sessions de formation organisées dans le cadre de la saison France-Maroc de l’Institut Français ont obtenu tant de succès que l’idée de récidiver cette année avec ce concept s’est imposée à tous. La prochaine session, à laquelle postuleront des artistes venus de tout le Maroc, aura lieu en mars prochain et accompagnera cette année encore une dizaine de groupes dans leur évolution et dans leur démarche artistique.

Hicham prend la peine de souligner, qu’en effet, il ne s’agit pas de juger ou de critiquer le processus de travail mais de rediriger, de réajuster et de rendre indépendants, autonomes et professionnels des musiciens conscients du fait que la musique ne s’improvise pas, mais s’aime passionnément. Et se pratique professionnellement. L’Boultek est un lieu où les musiciens, travailleurs, étudiants, amateurs, se retrouvent tous devant une même exigence : celle de faire vivre avec passion un lieu ouvert à toutes les expériences, à toutes les émotions, et à tous les sons. Un lieu qui, par ailleurs, fournit une vraie programmation artistique de concerts, de jam-session, et où les croisements de genre font partie de l’ADN même du lieu.

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir