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ACHOURA

Achoura et traditions au Maroc.

Par : Mouna Lahrach
Au Maroc comme dans le reste du Maghreb, achoura est une fête essentiellement dédiée aux enfants. Elle se caractérise par des traditions comme la distribution de friandises, le fait d’allumer un feu de joie « chouâla », l’aspersion d'eau de « Zem Zem » ou encore Baba Achour.

Au Maroc, Achoura est considérée comme la fête des enfants. Ce jour-là, les familles se réunissent autour d’un couscous au « gueddid » (viande séchée de l’Aïd El Kébir) après avoir offert leurs présents aux enfants. Pour ces derniers, Achoura, ce sont des cadeaux certes mais aussi le plaisir de déambuler dans la rue en faisant exploser des pétards et en aspergeant les passants avec de l’eau. C’est aussi accueillir Baba Achour.

Baba Achour, le père Noel des Marocains.

Ce personnage, mi-réel, mi- imaginaire, est tiré d'une vieille légende populaire. Son rôle peut être assimilé à celui du père Noël chrétien. La coutume séculaire veut que, tous les ans, à la veille de Achoura, son apparition ouvre les festivités. Autour de la « chouâla » (feu de joie), Baba Achour réunit les enfants, leur raconte les vieilles histoires d'usage à cette occasion, leur offre friandises et cadeaux et les invite à chanter pour lui. Après avoir disparu pendant près d'un siècle, Baba Achour semble émerger de l'oubli, refait une apparition sur le marché de la culture populaire. Et encore, uniquement dans les quartiers populaires. Ailleurs, les parents se contentent d'acheter des jouets à leurs enfants..

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Autrefois, les seuls présents offerts pour l’occasion étaient les « derboukas », « bendirs » et « taârijas ». Aujourd’hui, tous les jouets disponibles sur le marché peuvent faire l’affaire. Du pistolet à eau aux consoles Nintendo, en passant par les poupées et les pétards, tout ce qui peut faire plaisir aux petits est bon à prendre. Dans les quartiers populaires, on respecte cependant  toujours la tradition, «J'ai acheté à mes enfants les instruments qu'il faut pour célébrer Achoura. C’est leur fête. C’est l’occasion pour eux de s’amuser avec le reste des enfants du quartier», affirme en souriant, Malika, une femme au foyer.

Eau de « Zem Zem », « fakia » et autres traditions.

Le lendemain de l'Achoura, c'est « zem-zem ». Cette appellation fait référence à l’eau du puits de zem zem de la Mecque dont les vertus sont spirituelles et propitiatoires (faire que l’année soit bonne, c’est-à-dire fertile). D’après la « sunna », l’eau jetée le lendemain de Achoura équivaudrait à celle du puits de Zem Zem. Aussi, les enfants disposent-ils d'une totale liberté pour en asperger voisins, amis et passants. Garçons et filles trottent dans les rues à la recherche d'une proie ou d'un point d'eau pour s'approvisionner. Pistolets à eau, bombes à eau, sacs et ballons de plastique, seaux ... tous les récipients sont mobilisés pour l'événement.

Parallèlement à la fête des enfants, les familles ont pour coutume d’acheter la « fakia », un assortiment de noix, d’amandes et de dattes pour accompagner la veillée d’Achoura. Durant la soirée, on fait brûler de l'encens pour créer une ambiance spirituelle. Haja Fatma, dont le visage n'a pas résisté aux séquelles du temps, veille toujours à fêter Achoura selon les règles de l'art. Elle regrette cette tendance à l'oubli de certaines traditions, «On ne fête malheureusement plus Achoura comme avant. Aujourd’hui, je me contente d'inviter mes enfants et mes petits-enfants autour d'un grand plat de couscous préparé avec du «guedid». Quand j'étais petite, ma mère préparait tout à la veille de Achoura. Elle me réveillait très tôt, et avant de sortir faire la balade avec les bendirs, on ouvrait grandes les fenêtres et les placards pour laisser entrer la joie et la «baraka» dans notre maison». Haja Fatma tient à inculquer ces traditions à ses petits-fils en leur racontant certaines anecdotes liées à Achoura. Une façon de conserver ces rites qui tendent à disparaître.

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