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Méditerranée : un jeune sur cinq tenté par l’émigration

Par : Hinde Taarji
Commanditée par la Commission européenne, une enquête menée sur 10000 jeunes de cinq pays arabes du sud de la Méditerranée, dont le Maroc, souligne la profonde « frustration » qui habite une partie de cette catégorie sociale, représentative à elle seule des 2/3 de la population.

Les études sur les jeunes se suivent et se ressemblent. Elles viennent dire et confirmer ce que l’on sait déjà, à savoir le malaise généralisé dans lequel vit, actuellement, une bonne partie de la jeunesse du monde, surtout celle des rives sud de la Méditerranée.. Une énième enquête commanditée par la Commission européenne aux lendemains des contestations populaires qui ont secoué le monde arabe en 2011 a été rendue publique au cours de la semaine passée. Portant sur 10 000 jeunes Marocains, Algériens, Tunisiens, Egyptiens et Libanais, elle a été menée entre 2014 et 2016, le commanditaire européen cherchant à cernant au plus près les motivations qui poussent les jeunes de ces pays à émigrer.

Ne pas pouvoir être adulte

Il ressort de cette enquête qu’un jeune sur cinq, dont « les plus diplômés » déclare vouloir émigrer. Ce constat pourtant, il n’est nul besoin de longue enquête pour le tenir, les « patéras » lancées à longueur de jour contre les flots bleus du détroit de Gibraltar en témoignant éloquemment ! « Le principal motif est économique ; trouver un travail digne et de meilleures conditions de vie » apprend-on par la voix du CIDOB (Barcelona Centre for international Affairs), la fondation privée espagnole qui a coordonné les investigations au niveau régional. Pour ce qui est du Maroc, il suffit de se référer aux statistiques sur le marché du travail publiées par le HCP au 2ième trimestre 2016 qui montrent un chômage frappant principalement les jeunes avec 21, 5% des 15 à 29 ans, dont 38,8% des citadins, pour le comprendre.

Dans les cinq pays du sud de la Méditerranée, un même sentiment de frustration et d’exclusion sociale mine une partie de la jeunesse, cette catégorie sociale qui, à elle-seule, représente les deux tiers des populations. Normal, dès lors que vous n’avez pas de travail, ou de travail à la mesure de vos capacités et de vos attentes, comment se construire et se projeter sur l’avenir ! Dans ses déclarations à l’AFP, Elena Sanchez-Montijano, la politologue espagnole qui, avec Marina Girona Raventos, a coordonné cette enquête, explique que ces jeunes « ont le sentiment de ne pas pouvoir être autonomes très rapidement ; travailler, quitter la maison familiale et se marier ». En résumé, ils sont habités par la sensation démoralisante « de ne pas pouvoir devenir adulte ». Comment s’étonner dès lors de « leur désaffection pour la politique », près de 60% des enquêtés en âge de voter ne l’ayant pas fait aux dernières élections ? Outre qu’ils ne se reconnaissent plus dans des partis politiques qui ont perdu tout caractère attractif, ces jeunes, faute d’être reconnus comme des acteurs à part entière de la cité se désintéressent des affaires de celle-ci, laissant cela aux « vieux » qui ne leur font pas de place dans ce champ comme dans les autres secteurs de la vie publique.

La mosquée, après les sorties entre copains

Le niveau de vie vient en tête des problèmes cités par ces jeunes (28%) devant la situation économique (22%), l’emploi (12%) et le système éducatif (10%).

L’étude s’est également intéressée au rapport à la religion et à l’identité en général. Pas de surprise là aussi. Pour les Marocains, le premier repère identitaire est la nationalité, suivie ensuite par l’appartenance religieuse. Dernier enseignement révélateur de l’état d’esprit de cette jeunesse dont bien des nuages obstruent l’horizon, la gestion du temps libre : « aller à la mosquée est apparu comme la seconde activité la plus importante après les sorties avec les amis ». Un enseignement tout à fait instructif.

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