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« Chnou houwa al houb ? », s’interroge « Shakespeare El Bidaoui ».

Par : Wafa Abyad
« Shakespeare El Bidaoui » est le documentaire réalisé par Sonia Terrab sur une jeune troupe de théâtre « Al Jouk Al Bidaoui ». Diffusé sur la chaine 2m dans le cadre de l’émission « Des histoires et des hommes », il interroge les Casaouis sur leur définition de l'amour.

« Chnou houwa al houb ? » (qu’est-ce que l’amour ?) , la question est celle posée par le documentaire « Shakespeare El Bidaoui » de l’écrivaine Sonia Terrab. Sur fond de la chanson « Hob Eih » d'Oum Kalthoum, la caméra suit la troupe de théâtre Al Jouk Al Bidaoui qui prépare une adaptation de la pièce « Songe d’une nuit d’été » de William Shakespeare. La pièce du dramaturge anglais, adaptée et traduite en darija par Ghassan El Hakim, est placée dans le contexte marocain, et casaoui avant tout. Pour aider ses acteurs à se mettre dans la peau des amoureux shakespeariens, le metteur en scène a choisi de les sortir dans les rues de la ville blanche. Les comédiens s’y promènent en demandant aux passants sur ce que signifie l’amour pour eux.

«  Il n’y a pas d’amour à Casablanca »

Suivis par la caméra de Sonia Terrab, la troupe composée d’une quarantaine de comédiens amateurs organise, faute d’espace, les séances de lecture de la pièce un peu partout dans la ville, sur une plage, dans une forêt. On les voit ainsi se réunir sur le toit de la cathédrale du Sacré-Cœur pour une séance d’improvisation lors de laquelle les acteurs doivent à leur tour répondre à la question « chnou houwa al houb? ». Puis retour dans la rue, sur le boulevard Moulay Abdellah. Les acteurs questionnent les passants. Deux femmes voilées et vêtues de jellaba, répondent d’un ton sec et un peu amer qu’« il n’y a pas d’amour, à Casablanca, mais que de la cupidité, ça n’existe pas l’amour pour nous ». Interrogée sur la situation des deux amants de la pièce «  Songe d’une nuit d’été » dont les parents s’opposent à l’union et qui sont donc obligés de fuir dans la forêt, une autre passante livre une réponse mitigée : « si deux personnes s’aiment vraiment, elles ne doivent pas prendre en compte l’avis de leurs parents. ». Côté hommes, la majorité a refusé l’option de la fuite, comme l’explique un chauffeur de taxi à un membre de la troupe, «  il n’y a pas lieu de fuir. Si l’homme a de bonnes intentions, il doit trouver un moyen de prouver qu’il est capable de prendre en charge sa future femme. On a des traditions qui nous obligent à faire les choses d’une certaine manière. Si c’est un vrai homme, il doit affronter son père, et trouver un moyen de le convaincre, mais fuir, non. ».

Pour un groupe de jeune, la fuite n’est également pas envisageable, «  Si elle est en âge de se marier, la solution est facile. On part tous les deux chez l’adoul et on se marie, pas de fuite et puis je ne comprends pourquoi fuir dans la forêt ! Si son père ne veut pas qu’on se marie, je la prends par la main et l’emmène chez l’adoul, comme cela, ils seront tous mis en pied du mur et ne pourront rien faire. ». Loin de comprendre le contexte un peu complexe de la pièce de Shakespeare, les jeunes tentent de trouver une solution à ces amants désespérés.

Le documentaire s’achève par la répétition par la troupe théâtrale de la pièce dans le jardin de la cathédrale du Sacré cœur. Sonia Terrab conclut son film avec un autre titre mythique, cette fois-ci de la Marocaine Najat Aatabou « J’en ai marre » dont les artistes de la troupe « Al Jouk Al Bidaoui » reprennent la chanson dans leur spectacle « Cabaret Chikhates ».

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